Grange aux dîmes - Site classé

Ample vaisseau rouge-orangé déployé dans le paysage verdoyant de Sosoye, la grange aux Dîmes est intimement liée à la vie villageoise d’autrefois.

Daté de « 1646 » par ancres, elle abritait sous l'Ancien Régime les produits de la « dîme » imposée aux paysans par l'abbaye Saint-Gérard de Brogne. La dîme (du latin decima, dixième) était une taxe prélevée par le clergé ou la noblesse correspondant habituellement à la dixième partie des récoltes. 

Le choix des moines de bâtir la grange aux dîmes dans un village quasi dépourvu de cultures et non sur le plateau, concentrant les terres arables, intrigue. Cet emplacement, à priori paradoxal, pourrait s’expliquer par la présence du gué qui constituait un passage obligatoire depuis les terres de culture, situées sur le plateau, vers l’abbaye de Saint-Gérard. Aussi, le stockage du grain à proximité des moulins à farine, actionnés par les eaux de la Molignée, jouait un rôle appréciable dans l’économie des transports (d’après D. Belayew).

Au regard, une subtile harmonie se dégage de l’édifice modelée par la simplicité de la composition et la résonance entre les vides et les pleins. La symétrie générée par l’agencement des deux portails jumelés ainsi que contraste de couleur entre le gris des pierres calcaires et le rouge-orangé des tuiles contribuent également au bel équilibre de l’ensemble. Masse imposante au cœur du village, le volume de la grange est adouci par la présence de croupettes aux extrémités de la couverture de tuile. Ces petits versants de toit triangulaires assurent une meilleure stabilité de la toiture et diminuent la prise au vent des pignons. Détail singulier, des « pierres d’attente » dépassent de la maçonnerie aux angles du monument. Appelées souvent «promesses» ou encore «s’il plaît à Dieu», elles symbolisent la volonté des propriétaires d’agrandir un jour leur bâtiment.

Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Grange aux dîmes
3 Rue Thirion
5537 Sosoye

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