Eglise Saint-Lambert

Bel édifice en pierre calcaire de grand appareil comprenant en façade une tour-porche gothique datée de 1589, remaniée et haussée en 1720; trois nefs de quatre travées de style gothique hennuyer bâties au XVIe s. mais modifiées en 1666-1669, peut-être à la suite d'un incendie; un transept saillant et un choeur à trois pans, classiques, probablement du 1er tiers du XVIIIe s.

De 1967 à 1975, importante restauration sous la direction de l'architecte S. Brigode. A cette occasion, destruction des voûtes néo-gothiques de la nef centrale au profit d'une reconstitution des berceaux lambrissés. Sur soubassement chanfreiné, tour carrée à cinq registres divisés par de vigoureux cordons-larmiers. Porche ouvert sur trois faces par une baie en arc brisé sous archivolte retournée; ébrasements moulurés amortis par un congé à la base des piédroits où figure, côté O., la date de 1720. A l'E., porte de même type surmontée d'une pierre sculptée avec un Christ en croix de facture populaire. Voûte à croisée d'ogives en tore à listel avec formerets de même profil et clé datée de 1589. Niveaux supérieurs ajourés par quelques petites baies carrées ou rectangulaires. Ouïes simples en arc surbaissé au-dessous d'un oculus muré. Corniche à modillons de pierre sur bandeau en faible relief et flèche octogonale ardoisée. A la nef centrale, clair-étage comptant de part et d'autre quatre fenêtres en arc brisé à ébrasement concave. Mur goutterot souligné d'un glacis de même profil que les larmiers de la tour. Corniche en pierre moulurée et bâtière d'ardoises. Bas-côtés en appentis, sur soubassement chanfreiné. Au siècle, belle porte sous arc en accolade ourlé d'une archivolte retournée, ponctuée d'un fleuron; ébrasement en gorge entre deux tores à base prismatique; à la clé, écu muet et millésime gravé 16/66, correspondant probablement à la réfection des parements. Dominant cette entrée, remarquable panneau sculpté avec les armes et la devise des seigneurs de Barbençon. Trois fenêtres en arc surbaissé, sous archivolte, à ébrasement concave et glacis légèrement saillant. Corniche en quart-de-rond sur cavet. Bas-côtés Nord de même caractère, éclairé par quatre baies sans archivolte.
Egalement sur soubassement chanfreiné, transept et choeur en pierres striées éclairées par de hautes baies en arc surbaissé, deux pour chaque bras de transept, une pour la travée droite du choeur : encadrement en faible ressaut, clé saillante et passante ourlée d'un fort larmier, archivolte incorporée dans un cordon-larmier continu. Au chevet et dans les retours orientaux du transept, oculi ovales à quatre claveaux saillants, murés en briques. Porte murée au croisillon Nord. Dans le pan oblique Sud du chevet, fenêtre à linteau droit sous plate-bande, également murée, et petite ouverture à linteau échancré. Corniche en pierre moulurée sous les toits d'ardoises à coyau, avec croupes pour les croisillons et pans coupés pour le choeur.
A l'intérieur, nefs séparées par deux rangs de colonnes à chapiteau hennuyer, fortement restaurées. Grands arcs brisés longitudinaux évidés de deux cavets. Porté par des piliers treflés, arc triomphal de même profil dominé par un cartouche au millésime de 1669 correspondant sans doute à des remaniements intérieurs. Vaisseau central sous berceau lambrissé en chêne à nervures transversales et cinq entraits, reconstitués. Demi-berceaux lambrissés des bas-côtés compartimentés par des nervures. Pavement de terre cuite et de marbre gris et rose.
Croisée du transept et choeur de style classique, associés par une même structure de voutement encore basée sur la croisée d'ogives mais très surbaissée et à nervures épaisses, de profil carré. Piliers et pilastres toscans et ioniques superposés, dominés par un entablement en pierre. Respectivement ouverts sur la croisée par deux arcs en plein cintre, croisillons à deux travées pareillement voutées, avec mouluration plus contournée aux nervures et doubleaux; cartouches ornés de coquilles, de motifs végétaux, de rayons entrecroisés. Fenêtres pourvues, à l'intérieur seulement, d'une plate-bande appareillée avec crossettes. Accès au niveau du choeur surélevé par une belle marche chantournée en marbre rose. Niche-crédence trilobée au chevet, à dr. F.C.

Autel majeur, bois marbré, mil. XVIIIe s.
Autel latéral S., baroque, bois marbré, fin XVIIe- début XVIIIe s.
Autel latéral Nord à retable, marbre, daté 1737. Stalles en forme de banc d'oeuvre, chêne, XIXe s.
Lambris des chapelles S. et N., et de la nef latérale S., chêne. 2e moit. XVIIIe s.
Confessionnal, chêne, fin XVIIIe s. et sa copie de 1859.
Jubé, Louis XV, marbre noir et chêne, 1767. Niches votives, marbres variés, dont quatre datées, 1729, 1750, 1751 et 1760.
Niches, bois marbré, fin XVIIe - début XVIIIe et XVIIIe s.
Statue de St Eloi ou St Lambert, bois polychrome. 2e moit. XVIe s.
Nombreuses statues en bois, XVIIe au XIXe s. St Pierre, stuc peint, XVIIIe s.
Ascension, retable de l'autel majeur, peinture sur bois, mil. XVIIIe s.
Cuve baptismale, marbre rouge, XVIIIe s. Monuments funéraires, marbres variés, XVIIIe s. Nombreuses dalles funéraires, pierre bleue ou marbre noir, fin XVIIe et XVIIIe s.
A l'extérieur, pierre funéraire de Charles Leclercq, mambour de St-Roch (+ 1745) qui «embellit St Roch et l'église".

S. BRIGODE, Courants architecturaux et monuments du Hainaut, dans Annales du Cercle archéologique d'Enghien, t. 14. 1965.
L. DELFERIERE et J. HUVELLE, Inventaire sommaire des cantons de Beaumont et de Chimay, Mons 1967, pp. 21-23.
J.M. LEQUEUX, Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province de Hainaut, Canton de Beaumont, Bruxelles, 1977, pp. 13-16.

 

En pratique

Eglise Saint-Lambert

6500 Barbençon

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