Paysage et silhouette villageoise de Ragnies

Isolé dans un horizon de cultures, le village de Ragnies s’inscrit dans les douces ondulations du plateau limoneux hennuyer engendrées par le ruisseau du Marais, affluent de la Biesmelle. Un îlot de verdure, d’où émergent la haute flèche de l’église Saint-Martin et d’opulents volumes agricoles, marque la silhouette villageoise.

L’habitat ragnicole s’enchevêtre entre l’église et les grandes fermes implantées en bordure de la localité, épargnant ainsi les terres fertiles riches en limons.

L’entité de Ragnies se déploie dans un vaste paysage de « champs ouverts », dénommé Openfield. Ce mode d’organisation de l’espace rural est caractérisé par la présence quasiment exclusive de cultures et l’absence de clôtures autour des labours. En dehors de quelques grandes censes isolées, l’essentiel de l’habitat y est groupé en village-tas. Une première ceinture de prairies enveloppe directement le village. Cette proximité s’explique par la fréquence des soins à apporter au bétail. Au-delà, le regard embrasse d’amples étendues dominées par un puzzle géant de labours et de grandes cultures. Les espaces boisés sont, quant à eux, relégués à de maigres parcelles. Cette structure concentrique a façonné un réseau viaire en étoile. Routes et chemins divergent depuis le noyau villageois pour desservir les labours ou permettre la liaison vers d’autres localités.

A l’intérieur du village, rues et venelles nous livrent encore l’ambiance sinueuse des cheminements d’autrefois, serpentant entre les bâtiments et les espaces de verdures. Murs de clôture, grilles, végétation et pavements soulignent les alignements et valorisent la relation entre espaces public et privé. Terre de contraste, Ragnies offre une incroyable diversité de volumes et de couleurs. Les imposantes censes en quadrilatère tranchent avec les maisons plus modestes des manouvriers. L’habitat traditionnel, façonné à partir des matériaux locaux, arbore une large palette chromatique. Elle évolue depuis les teintes chaudes de la brique rouge ou des tuiles orangées vers les tonalités plus froides de la pierre calcaire, de l’ardoise et des tuiles grises en passant par les teintes plus lumineuses du chaulage blanc. Composé d’un niveau et demi à deux niveaux, l’habitation ragnicole se développe en longueur sous une toiture unifaîtière à deux pans. A côté des bâtisses rurales, certaines demeures plus cossues s’amplifient davantage pour proclamer aux passants leur statut social.

En dehors de certaines extensions urbanistiques récentes, Ragnies a préservé une grande partie de ses qualités architecturales et compte deux monuments classés, le presbytère et l’église Saint-Martin, témoins de son riche passé.

© Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Paysage et silhouette villageoise de Ragnies

6532 Ragnies

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