Paysage et silhouette villageoise de Ny

À la charnière de la Fagne-Famenne et de l’Ardenne se blottit le village de Ny, dans une ample vallée où louvoient les ruisseaux de Naive et du Douyet. Une longue crête boisée signe la présence de la Calestienne, étroite bande calcaire qui assure la transition vers la bordure du plateau ardennais.

Cette carapace verte protège le village des vents et des rigueurs du climat. Au sein de la dépression, le paysage déroule de vastes étendues de pâtures et de champs, témoins des temps anciens où l’activité agricole constituait la principale ressource du village.

La trame paysagère de Ny répond à une structure agraire qualifiée d'openfield à prairies dominantes. Ainsi, les différentes affectations se sont développées au gré du relief et de la qualité des sols. Peu propice aux cultures, le fond de vallée, argileux et humide, accueille les herbages et quelques vergers, encore partiellement clôturés de haies vives. Plus riches en éléments nutritifs, les replats calcaires sont occupés par les cultures non encloses tandis que les versants plus abrupts, aux sols maigres, concernent le domaine des bois.  

 Comme absorbé par le cadre naturel qui l’entoure, le village présente une silhouette plane et homogène simplement pointée par le clocher de l’église Notre-Dame et le modelé du château-ferme, lisière méridionale de l’agglomération. Enserré autour de l’église, le noyau ancien se déploie au départ d’un ensemble dense de bâtiments, souvent mitoyens, pour s’égrainer en ordre plus lâche, principalement le long d’un axe sud-nord. Les murets en pierre participent à cette composition en prolongeant le front de bâtisse tout en articulant les jardins avec le domaine public. Espaces ouverts et fermés alternent dans un jeu d’équilibre qui façonne de belles échappées visuelles vers les jardins, prairies ondulées, bosquets d’arbres et massif boisé.

 Les habitations traditionnelles, en partie jointives, offrent un volume assez élevé et allongé avec une profondeur relativement faible, témoignage de leur appartenance à la Famenne. Une uniformité de teintes enveloppe les bâtisses. Le gris sombre des toitures d'ardoises et des tuiles foncées se mêlent au gris clair des murs en pierre calcaire. De-ci, de-là, des pignons en colombages remplis de briques agrémentent la palette chromatique du village. Adossés au mur de l’église et du presbytère, fontaines et abreuvoirs apportent une touche de vie dans cet espace minéral et participent pleinement à l’identité de Ny.

© Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Paysage et silhouette villageoise de Ny

6990 Ny

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