Paysage et silhouette villageoise de Gros-Fays

Îlot de verdure, planté de lourds toits d’écailles, tel apparaît Gros-Fays au milieu de ses prés et terres de cultures. Etendues boisées et bosquets se profilent à chaque bout d’horizon. Sur le flanc d'une colline, le village s’étage sur un léger replat, à la tête de vallon plongeant vers un affluent de la Semois.

Depuis cette clairière agricole, des vues lointaines s’échappent vers la profonde entaille de la Semois et sa rive opposée. L’enveloppe paysagère et le cadre bâti de Gros-Fays semblent se fondre dans le relief que les accueille.

Au centre de son terroir, Gros-Fays forme un noyau assez restreint et uniforme d’où rayonnent une série de routes et chemins. Tout naturellement, l’élément végétal tisse sa toile dans le paysage intérieur du village. Rideaux d’arbres, potagers enclos, jardins et anciens vergers composent cette trame verte qui alterne avec le bâti. La présence d’une source, la protection de la ligne de crêtes contre les vents froids et la proximité des différentes ressources nécessaires à la vie des habitants ont dicté le choix d’implantation du village.

La structure agricole de Gros-Fays appartient au modèle d'openfield à prairies dominantes, typique de l’Ardenne centrale. Les différents terroirs sont disposés en cercle autour de l'auréole villageoise. Ils s’élèvent souvent sur des parcelles en forme de lanières afin d’épouser les courbes de niveau du relief. Les prairies non encloses dominent le paysage agricole et couvrent les versants à faible pente, le plateau et certains fonds des vallées.  Sur le plateau, les parcelles plus vastes sont plus généralement destinées aux labours tandis que les forêts déroulent leur manteau de verdure sur les versants à forte pente des petites vallées encaissées.

Majoritairement constitué de maisons traditionnelles en pierre, le village essaime les rues d’exemples de la ferme-bloc ardennaise, réponse architecturale adaptée aux rigueurs du climat de la région. Malgré des transformations parfois profondes, celles-ci restent caractérisées par une silhouette basse et profonde, écrasée sous une ample couverture à faible pente. Le schiste et le grès schisteux, aux nuances de gris, composent la plupart des maçonneries. Généralement laissés à nu, les murs de schiste sont, de-ci de-là, recouverts d’un badigeon de teinte claire ou d’un bardage d’ardoises. Réminiscence de techniques constructives traditionnelles, des lignolets ferment encore le faîtage de certaines bâtisses et des linteaux en bois délardés ornent toujours quelques ouvertures pour scander fièrement leur appartenance à la terre d’Ardenne.

© Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Paysage et silhouette villageoise de Gros-Fays

5555 Gros-Fays

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