Paysage et silhouette villageoise de Clermont-sur-Berwinne

Posé sur les rebords d’un hémicycle verdoyant, Clermont-sur-Berwinne s’ouvre sur la vaste dépression ondulée d’Aubel, cœur vibrant du Pays de Herve. Des hauteurs, le regard se perd dans un ample panorama jalonné de prairies, haies et bosquets d’arbres. Point d’appel dans le paysage, l’imposante silhouette de l’église Saint-Jacques le Majeur semble veiller sur le village, déployé en contrebas de la crête principale, à l’abri des vents dominants et à proximité des sources.

La Berwinne et ses affluents ont façonné cette trame paysagère en une série de petits mamelons et dépressions aux fonds humides. Le sous-sol, composé de dépôts argileux compacts et imperméables, est à l’origine de ces sols gorgés d’eau, plus propices aux pâtures qu’aux cultures.

Le village de Clermont-sur-Berwinne s’inscrit dans un paysage de bocage, caractéristique du Pays de Herve. Cette structure agraire désigne un paysage fermé où prédominent les prairies, clôturées de haies vives. D’anciens vergers hautes tiges ponctuent les herbages et se concentrent autour des espaces bâtis. Au-delà du centre villageois, l’habitat rayonne dans le paysage et se dilue, sans ordre apparent, en petites fermes isolées dans leur terroir. La fréquence des soins à apporter aux bétails ainsi que la multitude des points d'eau expliquent cette dispersion quasi absolue de l'habitat, révélatrice du Pays de Herve. Routes et chemins creux tissent un réseau en toile d’araignée et relient les différentes exploitations au village ainsi qu’aux principales voies de communications.

D’emblée, Clermont-sur-Berwinne fascine par la densité et la qualité de son bâti ancien, resserré autour de l’église et de la place, dessinant une silhouette allongée de maisons mitoyennes, à l’apparence urbaine affirmée. Profusions d’influences, depuis les caractéristiques régionales jusqu’aux styles « Louis XIII » « Louis XIV », « Louis XV » et même « Louis XVI », la place de la Halle surprend pourtant par la cohérence et l’harmonie architecturale qu’elle dégage. Jeux de couleurs et de textures dans le tissu urbain, les bâtisses offrent une large palette de matériaux. Le gris sombre des toitures d'ardoises et de tuiles foncées mélangé au gris clair des encadrements en calcaire de même qu’au rouge-brun des maçonneries de brique, complété par le grès beige des soubassements et ponctué de quelques enduits de teinte blanche, participent à l’éclat de l’ensemble. Cette diversité traduit l’évolution de l’habitat clermontois à travers les siècles. Elle est également le reflet de la population rurale d’antan, essentiellement constituée d’artisans, ouvriers, commerçants et marchands. Ainsi, les constructions plus modestes côtoient des maisons bourgeoises, témoignage de l'essor économique lié à la présence d’un marché hebdomadaire et d’une foire franche ainsi qu’à la proximité de la route reliant Liège et Aix-la-Chapelle.

© Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Paysage et silhouette villageoise de Clermont-sur-Berwinne

4890 Clermont-sur-Berwinne

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