Paysage et silhouette villageoise de Chardeneux

Aux confins des Provinces de Namur, Liège et Luxembourg, Chardeneux se livre à qui prend les détours. Dissimulé dans un paysage où alternent dépressions calcaires et crêtes gréseuses, la silhouette enserrée du village condruzien de Chardeneux s’accroche sur un versant exposé au sud afin de profiter d’un meilleur ensoleillement.

Une partie des bâtisses se groupe au pied de la chapelle primitive dominant le village tandis que d’autres s’égrènent parallèlement aux courbes de niveau ou dévalent la pente en cascade vers une vallée à fond plat où vagabonde le ruisseau de Chardeneux.

Le village s’épanouit dans un paysage qualifié d’Openfield mixte, caractéristique de la région du  Condroz. Ce mode d’organisation de l’espace rural désigne un paysage agraire ouvert, dédié aux prairies et aux cultures non encloses. Basé sur une structure concentrique, il comprend un noyau d’habitat entouré d’une auréole de prairies, suivie d’une seconde auréole destinée aux terres de cultures et, enfin, d’une dernière auréole affectée aux zones boisées. La géologie du Condroz nous apporte un éclairage complémentaire. Les bas de versants calcaires, aux sols maigres voire inexistants, accueillent les prairies ; les hauts de versants, généralement couverts de limons riches en éléments nutritifs, sont voués aux cultures et enfin, les crêtes de grès, qui se décomposent en sols sableux peu fertiles, reçoivent les bois.

Si la mitoyenneté est présente, le village n’en conserve pas moins une structure aérée. L’espace-rue, resté profondément rural, est rythmé par une abondance de petites dépendances et annexes, reflets de l’activité agricole passée. Empreint d'harmonie, Chardeneux séduit par l’homogénéité des masses bâties et l’unité architecturale qui se dégage des matériaux utilisés, constitués presque exclusivement de pierres calcaires, d’ardoises ou de tuiles noires. Ce village aux reflets grisés rayonne dans le paysage et propose d’intéressants exemples d’architecture traditionnelle condruzienne datant pour la plupart des 17e, 18e et 19e siècles. Ici, chaque maison raconte son histoire et rappelle la main qui la fît bâtir. De la maison bicellulaire du manouvrier à l’habitation tricellulaire du laboureur en passant par la ferme à cour du grand propriétaire, les différentes bâtisses nous révèlent la diversité de la vie rurale. Allongée et peu profonde, la simplicité des habitations évoque la volumétrie traditionnelle du Condroz. Elles s’élèvent généralement sur deux niveaux, voire deux niveaux et demi, sous une bâtière à deux pans symétriques.

Chardeneux a préservé une grande partie de ses qualités architecturales au-delà d’aménagements ponctuels en décalage avec les spécificités locales. 

© Texte et Photographies : Mark Rossignol

 

En pratique

Paysage et silhouette villageoise de Chardeneux

5377 chardeneux

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