Pays de Herve - Ensemble paysager

Le Pays de Herve s’étend au sud de la Meuse, au-delà de Liège, pour s’arrêter en bordure de la Vesdre.

Paysage

De nombreux cours d’eau ont façonné cette trame paysagère en une succession de plateaux et dépressions aux fonds humides. Le sous-sol, composé de dépôts argileux compacts et imperméables, est à l’origine de ces sols gorgés d’eau, plus propices aux pâtures qu’aux cultures. Des hauteurs, le regard se perd dans un ample panorama verdoyant dont les haies jalonnant les prairies et les fermes isolées constituent les principales lignes de force du paysage.

Ce maillage vert si caractéristique du Pays de Herve est révélateur d’un paysage de bocage. Cette structure agraire désigne un paysage fermé où dominent largement les prairies, clôturées de haies vives. D’anciens vergers hautes tiges ponctuent les herbages et se concentrent autour des espaces bâtis. Au-delà du centre villageois, l’habitat rayonne dans le paysage et se dilue, sans ordre apparent, en petites fermes isolées dans leur terroir. La fréquence des soins à apporter au bétail ainsi que la multitude des points d’eau expliquent cette dispersion quasi absolue de l’habitat, révélatrice du Pays de Herve. Routes et chemins creux tissent un dense réseau de voiries en toile d’araignée et relient les différentes exploitations au village ainsi qu’aux principales voies de communications. Comme nulle part ailleurs en Wallonie, le pays de Herve est l’exemple même d’un paysage de bocage. Aujourd’hui, cette typicité paysagère du bocage hervien est malheureusement en voie de dénaturation.

De la culture à l’élevage, naissance du paysage hervien

Deux facteurs fondamentaux vont précipiter la conversion à l’élevage et transformer profondément le visage du Pays de Herve. D’une part, Charles Quint le catholique prend, au 16e siècle, des mesures stratégiques et économiques interdisant aux habitants du Pays de Herve l’exportation de céréales vers les pays protestants du nord. D’autre part, la « dîme », redevance perçue par l’église sur les revenus agricoles, n’était pas prélevée sur les produits issus de l’herbage, contrairement à la production céréalière. Cette mutation de l’économie rurale entraîne un éclatement de l’habitat avec des fermes s’éparpillant au gré des pâturages aux sols humides, propices à une herbe de qualité. Afin de contenir le bétail, des haies vives viendront clore naturellement les différents herbages et créer un damier végétal à l’échelle du paysage. Enfin, dès le 17e siècle, les arbres fruitiers feront leur apparition dans le bocage et participeront à l’identité paysagère du Pays de Herve.

Sources : FRW - CPDT

 

© Photographies : Mark rossignol


 

En pratique